Halloween, ou quand le mysticisme rencontre le marketing

Les origines d'Halloween, ou Samain en gaélique, se perdent dans les prémices des peuples celtes. Célébration où le réel côtoie l'irréel, où l'on célèbre les morts et la nuit. Cette fête avait beaucoup d'importance chez les celtes dans l'antiquité, tellement qu'au début du Moyen-âge, soucieux d'imposer définitivement le christianisme sur les ruines de l'empire romain, les papes du VIIIème siècle vont déplacer la Toussaint du printemps au 1er novembre.

Aujourd'hui encore, Halloween reste une des fêtes les plus populaires dans certains pays anglo-saxons. Aux Etats-Unis, en 2017, on estimait qu'environ 179 millions d'Américains fêtaient Halloween, soit plus de la moitié de la population. Au niveau économique, cela représentait neuf milliards de dollars dépensés (contre cinq milliards en 2007). Au pays de l'Oncle Sam, Halloween inaugure même un mois de novembre riche en festivités historiques (Thanksgiving) et économiques (Black Friday).

La France réticente puis consentante

Dans l'Hexagone, on s'est longtemps montré peu enclin à célébrer cet ancien culte païen. Ce n'est vraiment qu'en 1999, poussée par les grandes enseignes commerciales que la fête d'Halloween a commencé à se développer. En 2015, le confiseur Lutti révélait que les ventes de bonbons explosaient en octobre pour atteindre trois fois leur niveau mensuel habituel.

Selon un sondage du journal 20 Minutes, en 2015, 30% des 18-44 ans prévoyaient de fêter Halloween. Si de tels chiffres sont aujourd'hui flatteurs pour les industries du déguisement ou de la confiserie, le parcours pour y arriver fut sinueux. En effet, après près d'une décennie de succès à l'orée des années 2010, Halloween faisait moins recette, et était surtout célébrée par les magasins.

Mais depuis quelques temps, l'effet citrouilles édentées et masques de films d'horreur semble de nouveau reparti. En 2017, selon le site maison-budget.com, 45% des foyers français auraient eu au minimum une décoration d'intérieur sur le thème. Les personnes fêtant Halloween prévoyaient même de dépenser en moyenne 28 euros pour décorer leur maison et 19 euros pour un déguisement. Les virées pour des bonbons chaque 31 octobre semblent avoir de beaux jours devant elles.