Le coût de la vie étudiante 1,31% plus élevé en 2018

Étudier chaque mois coûtera bientôt autant qu'un salaire, si ce n'est plus. Selon la dernière enquête de l'Unef, une fois reçu l'ensemble des aides dont il a droit (bourse du CROUS, APL, etc.), un étudiant va devoir débourser encore 837,72 euros. Soit, 129.59 euros de plus que l'an passé.

Sachant que certaines bourses atteignent les 500 euros et les APL plus de 150 euros, selon les cas, quelques étudiants doivent ainsi dépenser plus que le SMIC par mois, juste pour payer leur loyer et leurs dépenses alimentaires.

Les loyers trop élevés mis en cause

Selon l'Unef, cette hausse continue (elle était de 2,09% en 2017) s'explique par des loyers pour étudiants toujours très chers. Dans les grandes villes universitaires analysées, les prix des logements étudiants ont augmenté de 1,21%. Le rapport met en avant les loyers de Lyon, avec 525 euros par mois (+2,74%) ou de Toulouse, avec 457 euros (+1,56%).

La ville de Lille est également concernée par une hausse de 1,29% des loyers, liée en partie à l'annulation par la justice de l'encadrement des loyers. La ville la plus chère en ce domaine restant la capitale. A Paris, le loyer moyen par étudiant atteint 830 euros, en évolution de 0,73%. Selon une étude de Locservice.fr, le loyer moyen normal est, quant à lui, de 1040 euros. La moyenne nationale pour les étudiants se situe aux alentours de 471 euros.

Pour l'Unef, les étudiants sont d'autant plus pénalisés que les allocations logements ont vu leur montant baisser de cinq euros par mois en 2017 et qu'elles ne seront pas réévaluées en 2018. Dans le même temps, l'annulation de l'encadrement des loyers à Paris et à Lille se fait aussi directement ressentir.

De même, il semblerait que le manque de logements étudiants financés par le CROUS entraînerait l'inflation des loyers. En effet, selon le rapport, seuls 7,4% des étudiants sont en résidence du CROUS. Ces logements ont des loyers moyens inférieurs de près de 100 euros aux autres logements étudiants.

Un plan de construction de 60 000 logements du CROUS supplémentaires a été lancé en 2017. Pour l'instant, seuls 21 200 d'entre eux sont programmés pour les années 2019 à 2022.

Les transports, une part importante du budget des étudiants

D'après une étude OpinionWay de 2017, seuls 60% des 18-24 ont leur permis de conduire, un taux en baisse de 5 % sur 4 ans. Ainsi, les étudiants privilégient de plus en plus les transports en commun. Ces derniers ont connu une augmentation de 1% des tarifs étudiants en région. Chaque année un étudiant boursier va alors débourser 265,50 euros et un non-boursier 271,77 euros. Si de nombreuses collectivités proposent des tarifs réduits, peu font une différenciation entre boursiers et non-boursiers.

Les frais obligatoires liés à l'inscription sont eux en baisse

Dans les faits, les droits d'inscription sont en légère hausse, de deux euros, pour s'établir à 170 euros. A cela s'ajoute une nouvelle cotisation pour la vie étudiante de 90 euros. Mais, à présent, les étudiants ne sont plus tenus de s'inscrire à la médecine préventive et de payer une mutuelle étudiante, évitant ainsi d'avancer 222,10 euros.

Au total, une inscription en licence coûte désormais 260 euros, contre 406,10 euros l'an passé, soit une baisse de 35%.

Les jobs étudiants, une bonne solution ?

Pour compenser l'évolution du coût de la vie, de plus en plus d'étudiants prennent un emploi en plus de leur formation. L'Unef estime que ce serait le cas pour 46% des étudiants. Pour 50% de ces étudiants-travailleurs, cet emploi est indispensable pour les faire vivre.

Or, selon l'Unef, contrairement au système anglo-saxon où les jobs étudiants sont presque inclus dans le cursus, les étudiants français dépassent majoritairement le mi-temps. Et un emploi avec des horaires peu adaptés serait le principal facteur d'échec dans les études supérieures, toujours d'après le syndicat étudiant.