Des jardins ouvriers avant d'être familiaux

L'idée de ramener la nature au sein des villes n'a pas attendu le XXIème siècle pour germer. Fin XIXème déjà, au coeur des cités ouvrières de l'Est et du Nord de la France, certains jardins avaient été installés pour permettre aux employés et à leurs familles de se reconnecter un peu avec la terre ou de manger des légumes issus de leurs propres cultures. En 1913, rien qu'à Paris et dans sa proche banlieue, on dénombre pas moins de 1515 jardins ouvriers. Et l'engouement est tel, qu'en 1945, il en existe 250 000 dans toute la France. Le développement économique et l'accès facile à la nourriture vont faire décliner ses jardins, qui retrouvent néanmoins aujourd'hui un certain attrait.

Des jardins familiaux protégés

En effet, pour assurer leur pérennité, la loi Royer,intégrée dans le code rural en 1953, précise qu'il est interdit d'exproprier des jardins familiaux. En cas de force majeure, s'il doit y avoir expropriation, il faut remplacer la surface perdue par un terrain de taille et de conditions équivalentes. En 2003, une loi relative aux jardins collectifs, donne aux jardins communautaires un rôle plus important. Il est ainsi expliqué que ces jardins ont "pour objet de développer des liens sociaux de proximité par le biais d'activités sociales, culturelles ou éducatives, et accessibles au public." Il existe même un réseau national des jardins partagés, "le jardin dans tous ses états" (JTSE).

Plusieurs types de jardins

Si les termes "familial" ou "ouvrier" sont ceux qui reviennent le plus, il existe en fait bien d'autres formes de jardins communautaires reconnus par la loi. Souvent ceux-ci diffèrent selon l'activité ou la localisation. Par exemple, les "vrais" jardins familiaux font 150 à 200m², possèdent un petit baraquement et sont sous la gestion d'une structure associative. On trouve aussi, les jardins d'insertion sociale. Ce sont de grands terrains (2 000 à 3 000m²), qui sont mis à la disposition de personnes en difficulté. La culture de ces champs leur permettant de retrouver une activité et les aidant à la réinsertion. Il y aussi les jardins dits "nomades" ou "de poche", que l'on retrouve plantés autour d'un arbre ou d'un lampadaire, ils ne comportent souvent que quelques pieds de fleurs avec l'inscription "permis de végétaliser".

Comment cultiver son jardin ?

Pour rejoindre les agriculteurs en herbe, il suffit bien souvent de contacter l'association en charge du jardin de son quartier. Si vous voulez créer vous-même votre propre jardin, il faut respecter une procédure. Par exemple, à Paris, il convient tout d'abord d'identifier un bout de terrain adéquat. Il faut que ce terrain appartienne à la ville, que ce soit une friche urbaine ou morceau d'espace vert. Ensuite, vous devez vous regrouper en association avec vos éventuels partenaires, puis contacter le service idoine à la Mairie de Paris. Il faudra alors que votre projet soit accepté avant de pouvoir commencer à cultiver.

Les gestionnaires d'un jardin partagés doivent en laisser libre accès au public et doivent aussi l'entretenir en respectant des méthodes écoresponsables.