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5 minutes pour tout comprendre : mais pourquoi la dette publique augmente ?

La dette de l'État est la principale composante de la dette publique.
La dette de l'État est la principale composante de la dette publique.

L'économie, trop compliqué ? Avec 5 minutes pour tout comprendre, votre nouveau rendez-vous sur Hello Life, nous allons tenter de vous montrer en texte, en images et en infographies interactives que c'est en fait bien à votre portée ! Aujourd'hui, penchons nous sur cette fameuse "dette publique".

La dette publique est un sujet au coeur de nombreux débats. Certains ne cessent d'ailleurs de pointer les niveaux records qu'elle a atteints ces dernières années. Mais au fait, qu'est-ce que la dette publique et pourquoi entend-on tout le temps dans les journaux qu'elle ne fait qu'augmenter ?

La dette publique, c'est quoi ?

La dette publique, c'est l'ensemble des emprunts contractés par la France pour faire tourner l'État, ainsi que les collectivités territoriales et les organismes de la Sécurité sociale. Ces emprunts servent :

  • Pour l'État : à payer les salaires des employés de la fonction publique, à construire des infrastructures ou encore à financer la recherche.
  • Pour les collectivités territoriales (mairie, départements, régions...) : à financer les écoles, collèges et les lycées, à gérer les transports ou le ramassage des ordures.
  • Pour les organismes de Sécurité sociale : à rembourser une partie des soins de santé, les pensions retraites, ou bien à verser les aides au logement.

Il faut savoir que c'est bien la dette de l'État qui est la principale composante de la dette publique. Elle est née de l'accumulation des déficits budgétaires : en effet, depuis 1980, l'État dépense plus qu'il ne gagne. Ainsi, pour couvrir ces dépenses, la France a dû emprunter. Comment ? Concrètement, le gouvernement émet des obligations sur les marchés financiers. Lorsque les investisseurs les achètent, l'argent entre alors dans les caisses de l'État. En France, deux tiers de ces titres sont détenus par des investisseurs étrangers.

Attention, il ne faut pas confondre dette et déficit. Le déficit est un solde annuel négatif entre des ressources et des dépenses des administrations publiques (notamment collectivités territoriales et organismes de Sécurité sociale).

Au troisième trimestre 2016, la dette publique française représentait 97,6 % des richesses produites par le pays (PIB), soit plus de 2 160 milliards d'euros. Au cours des quarante dernière années, elle n'a fait qu'augmenter. En 1981, elle représentait 22,0% du PIB (base 2010), puis :

  • 55,9 % en 1995,
  • 60,1 % en 2002,
  • 85,1 % en 2011,
  • 96,2 % en 2015.

Voici l'historique de la dette publique depuis 1995, exprimé en pourcentage du PIB.

Vous vous en doutez, comme dans le cas d'un emprunt pour acheter une voiture, la dette de la France n'est pas gratuite. Ainsi, l'État a payé en 2016 plus de quarante milliards d'euros afin de financer cette dette. La bonne nouvelle ? La France a toujours bénéficié d'un bon taux d'intérêt, aujourd'hui à 1,11% (au 30 janvier 2017), ce qui est faible.

A titre de comparaison, en 2015, les taux d'intérêt de la Grèce sont montés à 25 %. L'État grec ne pouvait donc pas se permettre d'emprunter, car le prix était trop élevé. Au risque de ne plus pouvoir payer les intérêts de son ancienne dette, et de faire un "défaut de paiement".

La dette publique française n'a fait qu'augmenter depuis ces dernières années. La situation serait-elle irréversible ? Non ! Dans le monde, et notamment en Europe, de nombreux pays ont réussi à la faire diminuer : la Suède, le Danemark ou encore la Suisse. Survolez votre souris sur la carte pour découvrir quelles sont les dispositions prises par ces pays pour endiguer leur dette.

Mais alors, pourquoi elle augmente, cette dette ?

Il existe plusieurs facteurs qui expliquent pourquoi la dette ne fait qu'augmenter.

Premier facteur : la charge de la dette

Comme n'importe quel autre titre financier, les emprunts d'État sont soumis à un taux d'intérêt. Ce qui signifie que lorsque des investisseurs achètent ces obligations, l'État leur paye chaque année la valeur correspondant au taux d'intérêt. Rien que pour l'année 2016, cette charge s'élevait à 44,5 milliards d'euros, soit environ 10,7 % du budget total de l'État, soit... le quatrième poste de dépense le plus important.

Suite à la fameuse "crise des subprimes", en 2008, les taux d'intérêts ont fortement augmenté. On parlait alors de crise de la dette.

Ceci a eu pour effet d'augmenter le prix de l'argent : autrement dit, emprunter 100 € coûtait plus cher en 2008 qu'en 2007 avant la crise ; cela a eu pour effet d'augmenter la charge de la dette. Il est même arrivé que le gouvernement soit obligé d'emprunter de nouveau pour pouvoir payer les investisseurs qui avaient acquis des titres de dette, créant ainsi un cercle vicieux. Autrement dit, plus l'État s'endette... plus il s'endette.

Deuxième facteur : la hausse des dépenses

Notre système économique est soumis à l'inflation. L'Insee définit cette dernière comme "la perte du pouvoir d'achat de la monnaie, qui se traduit par une hausse généralisée et durable des prix". Le prix de la baguette de pain est par exemple passé de 2,56 € le kilo en 2000 à 3,35 € dix ans plus tard.

Ce phénomène conduit à augmenter le prix, en valeur absolue, des dépenses faites par l'État. Ainsi, lorsqu'il mène à bien ses projets, comme l'investissement public, cela lui coûte de plus en plus cher d'une année sur l'autre. Toutefois, il faut savoir que l'inflation a aussi pour conséquence de relativiser la charge de la dette.

En effet, lorsque les prix augmentent, les recettes liées à la TVA augmentent d'autant. De même, lorsque les salaires augmentent, l'État prélève mécaniquement plus d'impôts. Nous avons donc deux phénomènes aux effets contraires. Si la dette publique ne fait qu'augmenter, c'est tout simplement parce que le premier effet est plus fort que le second.

Il y a bien évidement d'autres phénomènes qui viennent impacter le budget de l'État et donc la dette publique. Il s'agit par exemple de la hausse ou non des dépenses publiques, de l'augmentation ou de la diminution des recettes fiscales (tant sur les ménages que sur les entreprises)... Tout cela résulte de choix politiques et de phénomènes économiques complexes.

On se parle de combien, au juste ?

Le meilleur pour la fin : le coût de la dette publique française. Celle-ci s'établissait à 2 097,4 milliards d'euros en 2015. Vous imaginez ? Difficilement ? Alors jouons alors au jeu des comparaisons.

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Enfin, si l'on devait diviser la dette publique française par habitant, celle-ci représenterait environ 35 000 euros ! Mais comme déjà évoqué, la hausse de la dette publique n'est pas un phénomène inéluctable. C'est certain, il résulte d'événements conjoncturels, mais aussi de choix pris par les différents gouvernements de chaque pays pour l'endiguer.

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