En 2018, l'assurance vie n'est plus aussi rentable qu'il y a encore quelques années. Un changement nettement plus visible en ce qui concerne les fonds en euros, dont les rendements affichent une baisse constante depuis 2004.

Pourquoi une telle baisse ?

L'une des principales causes à cet état de fait trouve son origine dans la crise des dettes souveraines qui touche l'Europe et de la politique monétaire accommodante engagée par la banque centrale européenne (BCE) en réponse à la crise. Cette stratégie monétaire tend à affaiblir le niveau de rémunération des obligations souveraines et c'est précisément ces dernières qui servent de base aux placements des assureurs. Ces obligations atteignent parfois des taux tellement bas qu'ils en deviennent négatifs. C'est le cas lorsque le taux de rémunération de l'obligation est inférieur à celui de l'inflation.

Autrement dit, mon assureur "paye" pour pouvoir placer mon argent. Grâce au rendement garanti, je ne risque rien. En revanche le rendement de mon contrat s'en fait ressentir, d'où son faible niveau, à peine supérieur à celui d'une épargne sur un livret réglementé, un comble. Il existe toutefois quelques pistes pour améliorer l'efficacité de votre assurance vie.

Fonctionnement de l'assurance vie

Pour mieux comprendre cette histoire de rendement, il faut avant tout comprendre comment fonctionne l'assurance vie. Sur ce type de contrat, il existe trois moyens de placer mon argent :

  • Les supports en euros : mon assureur va investir mon capital dans des placements peu risqués car peu sensibles aux fluctuations des marché financiers. Ce sera principalement des obligations de l'État Français. Le rendement présente l'avantage d'être garanti, mais en contrepartie, il est assez faible.
  • Les fonds en unité de compte : à l'inverse, dans les fonds en unité de compte, mon capital est investi dans des actifs plus risqués car plus soumis aux fluctuations boursières. Il s'agit en grande majorité de parts d'OPC (Sicav, FCP) et de SCI. Le rendement sera plus important mais je prends potentiellement le risque de tout perdre.
  • Les contrats multisupports : ce sont tout simplement des contrats qui mixent les deux précédents. Je peux choisir la part de risque en définissant à l'avance quel pourcentage de mon capital ira dans les supports en euros et dans les unités de compte.

Afin d'améliorer le rendement de mon contrat, je peux faire le choix d'accepter une certaine dose de risque en optant pour un contrat multisupport avec au minimum 20 % de fonds en unité de compte.

Jouer sur les frais

Une autre piste consiste à tenter de négocier les différents frais. En effet, tout ce que je ne paye pas à mon assureur reste dans ma poche. Il en existe deux sortes :

  • Les frais de versement : il s'agit d'un pourcentage prélevé par mon assureur à chaque fois que je dépose de l'argent sur mon contrat. Ils s'élèvent en général entre 3 et 5 % du montant versé.
  • Les frais de gestion : à l'instar de n'importe quel compte bancaire, mon assureur se rémunère en me facturant des frais annuels. Ils montent en moyenne à 0,6 % des gains pour les supports en euros et à 0,9 % pour les fonds en unité de compte.

Étant donné les faibles rendements actuels, je n'hésite pas à négocier avec mon assureur le montant de ces frais. Je peux également prendre le temps de calculer le rendement de mon contrat et comparer cela avec les offres proposées par la concurrence. Dans certains cas c'est plus rentable d'aller voir ailleurs, ou peut-être que cette menace incitera mon assureur à me faire une offre que je ne pourrais pas refuser.