C'est l'une des spécificités du système économique français : alors que de nombreux pays ont renoncé à s'en servir, le chèque est toujours très apprécié en France. 150 ans après sa création (les premiers chèques ont été émis par la Banque de France en 1865), 68,5 % des chèques émis en Europe le sont en France. Et malgré un recul progressif, ce moyen de paiement reste très fréquemment utilisé. Selon les derniers chiffres de la Banque de France , ce sont pas moins de 2,43 milliards de ces documents qui ont été utilisés en 2013. Et 20 % des particuliers préfèrent toujours leur chéquier aux autres modes de paiement à leur disposition.

Combien de temps puis-je le conserver ?

Le chèque n'est pas éternel. A compter de la date inscrite sur le document, le code monétaire et financier me donne un an et huit jours pour l'encaisser auprès de ma banque. Passé ce délai, il perd toute valeur et je ne pourrai donc plus récupérer les sommes inscrites. La seule solution dans ce cas est de demander à la personne qui m'a adressé le chèque d'en faire un nouveau.

Pour être considéré comme valable, un chèque doit par ailleurs comporter un certain nombre de mentions :

  • La somme, en chiffres et en lettres. Si les deux montants inscrits ne correspondent pas, c'est celui écrit en toutes lettres qui est retenu.
  • Le nom du bénéficiaire doit être clairement lisible.
  • Il doit être daté du jour où il a été signé. Si la date inscrite est postérieure au jour de la signature du chèque, l'émetteur risque une amende de 6 % de la valeur du chèque.
  • Avant de l'encaisser, le bénéficiaire doit par ailleurs l'endosser, c'est-à-dire inscrire sa signature au dos du chèque.

Vers une période d'encaissement encore plus limitée ?

Un temps, le gouvernement a envisagé de réduire encore cette durée de validité. La loi Sapin II, présentée au Parlement au début de l'été, prévoyait de ne laisser plus que six mois aux bénéficiaires de chèques pour les encaisser avant qu'ils ne perdent leur valeur. Cette mesure, qui devait à l'origine entrer en vigueur à compter du 1er juillet 2017, a finalement été retoquée par l'Assemblée nationale fin septembre.

Aux yeux du gouvernement, le chèque a en effet de nombreux défauts : il est bien moins sécurisé que ne le sont les virements et les paiements par carte, ce qui explique que beaucoup de magasins imposent des plafonds aux règlements par chèque, demandent des justificatifs d'identité, voire les refusent carrément. C'est également un moyen de paiement plus coûteux pour les banques, car il demande plus d'opérations de traitement qu'un virement ou un paiement par carte, lesquels sont automatisés. Enfin, Bercy s'inquiétait aussi des problèmes liés au délai d'encaissement : puisqu'un bénéficiaire dispose d'un an pour porter le chèque à sa banque, l'émetteur ne sait jamais quand il sera débité, ce qui peut entraîner des problèmes de gestion de sa trésorerie.