Depuis des années, les jeux sont universellement critiqués pour le prix qu'ils coûtent à leurs hôtes respectifs. Le budget fixé est rarement suivi par les organisateurs de l'événement.

Un passé tumultueux

Pour se donner une idée des aléas budgétaires auxquels ont dû faire face les hôtes de la compétition, il est important de connaître quelques chiffres des 30 dernières années.

L'Etat coréen avait au départ prévu de dépenser 3 milliards d'euros, et s'est retrouvé avec un budget de 8,3 milliards pour les jeux de Séoul de 1988. En Grèce, le budget prévu pour les jeux d'Athènes de 2004 s'élevait à 5,3 milliards d'euros, et a fini par atteindre les 11,1 milliards. La palme d'or revient cependant à Pékin, en 2008, qui avait prévu 2,8 milliards d'euros de budget et finit par en dépenser plus de 32 milliards !

Le budget dédié à l'organisation est toujours scindé en deux parties : les fonds privés et les fonds publics avec des montants colossaux déboursés par chaque gouvernement pour l'organisation des jeux.

Les dépenses de la ville

Le Comité Français du Sport International (CFSI) a chiffré le budget prévisionnel des Jeux Olympiques de 2024 à 6,2 milliards d'euros. Une somme conséquente qui serait répartie à raison de 3,2 milliards de fonds privés et 3 milliards d'euros de fonds publics. En période de difficulté économique, il semble logique de se poser la question de la légitimité de ces jeux. Selon Jack Rogge, président du Comité International Olympique, la Grèce aurait creusé sa dette extérieur de presque 3 % après l'organisation des festivités. D'ailleurs, toujours en Grèce, certaines infrastructures mise en place pour les jeux (comme pour beaucoup d'autres pays) sont laissées à l'abandon. Elles ne sont pas entretenues et se révèlent être une perte considérable d'investissement, qui aurait pu être évitée.

Et Paris, alors ?

Sans contribuables (que ce soit en termes d'investissement ou d'audience) il n'y a pas d'événement. C'est pourquoi la plupart des pays sous-estiment volontairement le coût d'organisation des JO, tant que le public ne leur offre pas leur soutien. Après tout, si l'on prend l'exemple de la France, les 3 milliards d'euros de fonds publics proviennent principalement des recettes fiscales du pays (taxes, impôts, etc.).

Dans le meilleur cas de figure, cet événement permettrait d'améliorer les transports franciliens, de rénover et développer les infrastructures sportives, et d'être créateur d'emplois (bien qu'ils ne soient que temporaires). Les JO offrent une exposition mondiale, pour l'hôte qui les organise. Ils pourront potentiellement favoriser l'exportation, et donc fluidifier l'économie, tout en maintenant la population unie autour d'un objectif commun. Bien entendu, tout cela dans l'optique ou les jeux de 2024 seraient un succès sur tous les plans.