Lorsque j'évoque une vente aux enchères, j'ai en tête une assemblée de personnes qui crient des chiffres de plus en plus importants et un commissaire-priseur sur une estrade qui finit toujours par conclure les débats par son fameux : "250 à ma gauche, une fois, deux fois, trois fois. Adjugé, vendu !". Bien qu'étant elle aussi une vente aux enchères, la vente à la bougie est pourtant bien différente. Son originalité vient du fait qu'elle est organisée par la chambre des notaires et non par des commissaires-priseurs, elle ne concerne que les biens immobiliers et sa durée est limitée au temps que met une petite chandelle pour se consumer, soit entre 15 et 30 secondes. Avec des prix qui sont en moyenne 30 % en dessous de ceux pratiqués par le marché immobilier, la vente à la bougie est donc un moyen original de devenir propriétaire à moindre coût.

Préparer la vente en amont

Étant donné qu'il s'agit de biens immobiliers, la vente à la bougie ne se prend pas à la légère. Je dois la préparer environ un mois avant la vente à proprement parler. Les appartements ou maisons mis en vente font l'objet d'annonces détaillées sur les sites internets spécialisés. Je peux également voir les lieux dans le cadre de visites collectives. Elles sont organisées à des jours et des horaires bien précis, généralement précisés sur l'annonce. Dans certains cas, je peux même faire des visites interactives depuis le site internet.

Je dois me signaler auprès du notaire pour le ou les biens qui m'intéressent. Je recevrai alors un cahier des charges qui contient toutes les informations obligatoires relatives au bien mis en vente :

  • le détail du bien,
  • son état,
  • la présence éventuelles d'annexes (cave, parking, etc.)
  • le règlement de copropriété (s'il y a lieu),
  • les différents diagnostics immobiliers,
  • les frais à ma charge,
  • ...

Comment le prix de vente est-il déterminé ?

Avant même la mise en ligne de l'annonce et l'organisation des visites, un expert examine le bien et en fait une estimation de sa valeur. Toutefois, c'est le vendeur qui reste libre de fixer le prix de vente de son logement. Dans la grande majorité des cas, ce prix est inférieur d'environ 30 % par rapport au montant de l'estimation - qui elle, correspond aux prix de marché. Néanmoins, comme n'importe quelle vente de ce type, le prix peut monter très haut en seulement quelques enchères. C'est notamment le cas des biens les plus attractifs.

À noter qu'il existe une clause dite de prix de réserve. Celle-ci garantie au vendeur que son bien ne partira pas en dessous du montant estimé par l'expert. Le prix de réserve reste confidentiel et ne peut excéder le montant de l'estimation faite par l'expert.

Comprendre le déroulement des enchères

Le jour de l'enchère, je me présente à la séance et je m'enregistre, sur présentation de ma pièce d'identité, auprès du notaire en charge de la vente. Pour chaque bien sur lesquels je souhaite enchérir, je dois fournir un chèque dit de "consignation". Le montant exact est précisé dans l'annonce mais je dois compter environ 20 % du prix de vente. En échange de ce chèque, je reçois un numéro d'enregistrement qui me donne le droit d'enchérir.

Le processus de vente commence lorsque le notaire allume une première mèche. Chacun peut alors enchérir. Le notaire allume de nouvelles mèches tant que des propositions sont faites. Si aucune offre n'a été faite pendant deux mèches successives, l'enchère est considérée comme terminée. La personne qui a proposé le prix le plus élevé remporte le bien. Si je n'ai pas remporté l'enchère, je récupère bien évidement mon chèque de consignation.

Les modalité de paiement

Si en revanche c'est moi qui ai remporté la mise, je suis l'adjudicataire. Je dois alors immédiatement signer le procès verbal d'adjudication. Je dispose ensuite d'un délai de 45 jours pour régler la totalité de la somme, c'est-à-dire le prix le plus élevé que j'ai proposé, ôté du montant du chèque de consignation. Si je ne respecte pas ce délai, le vendeur peut engager des poursuites contre moi :

  • Il peut demander à remettre le bien en vente : dans ce cas, si à la suite de la nouvelle enchère le bien part pour un montant inférieur, c'est moi qui devrai payer la différence. On parle alors d'une enchère folle.
  • Il peut me demander des dommages et intérêts : ceux-ci sont calculés sur la base du montant qu'il me reste à régler et selon le taux d'intérêt légal en vigueur (3,94 % au deuxième semestre 2017).

Qu'est-ce que la clause de surenchère ?

Précisée dans le cahier des charges, une vente peut inclure une clause de surenchère. Celle-ci permet à quiconque (y compris une personne n'ayant pas participé à la vente à la bougie), de faire une contre-offre au vendeur. Le surenchérisseur dispose pour cela d'un délai de dix jours. Il doit également proposer un montant au moins supérieur de 10 % au montant d'adjudication. Si tel est le cas, une nouvelle vente est organisée. Le premier adjudicataire récupère bien évidement son chèque de consignation et peut, s'il le souhaite, participer à cette nouvelle vente.