Indépendance vis-à-vis du GPS

Lancé le 15 décembre 2016 après plus de 17 ans de développement, le système Galileo s'affirme comme une alternative plus ouverte au "Global Positioning System" géré par les USA depuis presque 40 ans.

A la différence du GPS placé sous l'autorité de l'armée américaine, qui autorise les civils à y avoir accès, Galileo est contrôlé par des agences civiles : l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne.

30 satellites, 10 milliards d'euros et une précision au mètre près

En deux ans, ce ne sont pas moins de 26 satellites qui ont été expédiés en orbite. Ils seront 30 d'ici 2020, date à laquelle Galileo sera pleinement opérationnel. L'Union européenne a déjà investi 10 milliards d'euros dans ce projet et pour la période 2021 à 2027, un financement de 9,7 milliards d'euros supplémentaires a été accordé.

Les satellites utilisés sont extrêmement perfectionnés. Galileo est bien plus précis et efficace que les autres systèmes de géolocalisation tels que le GPS américain, le russe GLONASS ou encore le chinois BEIDOU. Actuellement, le GPS permet de localiser une personne ou un objet à cinq mètres près. Galileo fait tomber cette limite à un mètre, voire quelques centimètres pour sa version payante.

Le système est tellement précis, que associé à la 5G, il va permettre aux voitures autonomes de se diriger sans craindre les erreurs de localisation, et réduire ainsi les risques d'accident.

De plus, le marché de la géolocalisation est en train de devenir un enjeu économique majeur. Selon la Commission européenne, les services ayant recours à la géolocalisation génèrent 10 % du PIB européen, et cela pourrait grimper à 30 % en 2030. D'après les estimations, Galileo pourrait alors faire gagner 90 milliards d'euros par an à l'économie de l'UE durant ses vingt premières années d'utilisation.

Déjà 200 millions d'utilisateurs

Galileo fonctionne bien et touche de plus en plus de personnes. Au départ seulement accessible (pour le grand public) via un seul smartphone, il a gagné près de 100 millions d'utilisateurs par an. Désormais, on dénombre une soixantaine de terminaux commercialisés par seize entreprises différentes, compatibles avec Galileo. Pour aider les consommateurs, l'agence européenne du système de positionnement par satellites (GSA) a mis en ligne une liste dynamique.

Galileo est un système très réactif et pensé pour éviter au maximum les pertes de localisation. Ainsi, sur les 30 satellites utilisés à terme, seuls 24 seront toujours actifs et les six autres sont en réserve, prêts à entrer en service en cas de panne. Si l'usager se retrouve hors du champ de vision d'au moins quatre satellites Galileo, le système le fera automatiquement basculer sur le GPS.

Toutes ces précautions permettent d'éviter le phénomène dit de "canyon urbain" : c'est le risque de décrochage d'un signal de localisation en ville, à cause des très nombreux obstacles qui peuvent entraver le fonctionnement des satellites (hauts immeubles, rues étroites, sous-sols, etc.).