Rappel des dispositifs en place

Si l'on veut être précis, on peut se souvenir que les différents plans d'épargne salariale ont été mis en place à partir de 1967. Le principe consiste à verser à chaque salarié une part des résultats de l'entreprise (intéressement) ou de ses bénéfices (participation). Cet argent peut lui être versé directement ou bien être déposé sur un plan d'épargne salariale.

La prime de participation est obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, et grâce à elle, je reçois directement une partie du bénéfice réalisé par ma compagnie. L'intéressement est facultatif et il se présente sous la forme d'un accord négocié pour trois ans qui doit conduire au versement d'une prime. Il me permet d'être associé aux performances de l'entreprise, dès lors que les objectifs définis dans l'accord sont atteints.

Ensuite, j'ai donc le choix d'être rétribué directement ou j'ai la possibilité de souscrire au plan d'épargne entreprise (PEE) (ou au plan d'épargne interentreprises, le PEI) et/ou au plan d'épargne retraite collectif (PERCO). Dans le premier cas mes fonds sont bloqués pendant au moins cinq ans (sauf cas spécifiques). Pour le PERCO, les fonds sont disponibles dès ma retraite sous forme de ressources complémentaires (capital ou rente).

Je les alimente volontairement, mais les versements sont plafonnés. Je peux y placer chaque année au maximum 25 % de ma rémunération annuelle brute. Quant à mon employeur il peut y verser jusqu'à trois fois les sommes que je dépose.

Épargner plus pour toucher plus

Ainsi, quels avantages ai-je à épargner pendant au moins cinq ans plutôt qu'à récupérer directement mes primes en espèces sonnantes et trébuchantes ? La réponse tient en un mot : impôts.

En effet, si je demande à toucher mes primes, je suis soumis à l'impôt sur le revenu. Alors que si j'affecte mes primes à mon PEE ou à mon PERCO, dans un délai de 15 jours maximum, elles seront exonérées d'impôts sur le revenu (dans la limite de 19 866 € dans le cadre d'intéressement, de 3 178,56 € pour un abondement, et de 29 799 € pour les participations).

Si les plus-values issues de ces investissements sont effectivement exonérées d'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux s'appliquent soit 17,2 % en 2018 (contre 15,5 % en 2017). De même, les versements que j'effectue depuis mes économies personnelles ne sont eux pas déductibles.

Le PERCO, une fiscalité un peu à part

Si j'ai souscrit à un PERCO, les fonds se débloquent lorsque je pars à la retraite. A ce moment-là, deux solutions s'offrent à moi :

Si je choisis une sortie en capital, les plus-values, les intérêts produits par le plan, sont soumis aux prélèvements sociaux.

Si je préfère des versements sous forme de rente, ceux-ci seront imposés partiellement en fonction de l'âge où je liquide ma retraite :

- si j'ai moins de 60 ans au moment de la liquidation, je serai sur 50% de la rente,

- si j'ai entre 60 et 70 ans à la liquidation, je serai imposé sur 40%,

- si j'ai plus de 70 ans, je ne serai imposé que sur 30% de la rente,

Le plan d'épargne salariale a le vent en poupe

Présentant ainsi de nombreux avantages, le succès du PEE et du PERCO ne se dément pas. Selon l'Association française de la gestion financière (AFGF) au 30 juin 2017, le montant des actifs gérés par les plans s'élevait à 130,4 milliards d'euros, en progression de 11 % sur un an. Aussi, au premier semestre 2017, les versements étaient en hausse de 5 % pour atteindre 2,1 milliards d'euros. Le nombre de bénéficiaires reste néanmoins stable à 11 millions.

Dans le détail, le PERCO fait figure de petit poucet, concernant 2,5 millions de salariés (en hausse de 14 % sur un an). L'AFGF précise que 230 000 entreprises en sont équipées, en augmentation de 8 %. Enfin, les encours gérés dans les PERCO ont progressé de 17 % pour atteindre 15,3 milliards d'euros en 2017.