C'est confirmé et officiel. A partir du 1er octobre 2017, les allocations logement versées par la CAF seront réduites de 5 € par mois pour tous les bénéficiaires. Cette décision concerne les aides personnalisées au logement (APL), les allocations de logements sociales (ALS) et les allocations de logement familiales (ALF). Au total, ce sont 6,5 millions de ménages français qui sont concernés par cette décision. Selon les chiffres de l'Unef, cette dernière cible principalement les étudiants, qui sont 800 000 à toucher l'APL, une aide précieuse pour les aider à payer des loyers toujours plus chers.

4,5 milliards d'euros en 2017

Pour justifier cette restriction, le gouvernement actuel a renvoyé la balle au précédent, en affirmant que la baisse des APL avait été actée sous le quinquennat Hollande. "Rien n'avait été mis en oeuvre" et "Il n'est, en revanche, pas question du tout de supprimer les APL", a précisé Matignon. L'ancien gouvernement a, par ailleurs, rétorqué en déclarant que des coupes avaient bien été prévues, mais qu'elles ne ciblaient que les bénéficiaires les plus "aisés".

Ce rabotage de 5 € a bien évidemment pour but premier de faire des économies. Au total, 4,5 millions d'euros pourraient être emmagasinés en 2017. Un peu plus tôt, le gouvernement avait déjà évoqué le souhait de faire des économies. "Trop de dépenses, donc trop d'impôts, trop de déficits et trop de dettes", s'était exclamé Gérard Darmanin, le 20 juillet 2017 à l'Assemblée nationale. Le ministre des Comptes publics a également insisté sur le fait que la réduction des dépenses publiques serait l'axe majeur du quinquennat.

Les étudiants et les "plus pauvres" en colère

La colère gronde chez les étudiants, pour qui les APL sont devenues presque indispensables pour les aider à régler leur loyer à chaque fin de mois. L'Unef qui exige une augmentation de 20 % des APL a d'ailleurs lancé une pétition pour contester la décision du gouvernement. Dans un communiqué, le principal syndicat étudiant a également affirmé que le loyer représente "54 % des dépenses mensuelles", qu'il "pèse lourdement sur le budget des étudiants et pénalise les plus précaires".

La pilule ne passe pas non plus du côté des représentants des ménages les plus modestes. "On nous dit que 5 € par mois ce n'est pas beaucoup, mais ceux qui touchent ces aides sont des ménages pauvres ou modestes", s'alarme Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. Ce dernier a rappelé qu'en 2016, "le plafond de ressources au-dessus duquel on ne touche rien était de 1,04 SMIC net pour une personne seule et 1,93 SMIC pour un couple avec 2 enfants", concernant les villes de plus de 100 000 habitants (hors Île-de-France).