Le Smic est un salaire horaire dont le montant est défini par décret chaque année et qui s'élève, depuis le 1er janvier 2018, à 9,88 € pour une heure de travail (contre 9,76 € en 2017). Ainsi, cette année, un salarié à temps plein et payé au Smic gagnera un salaire brut mensuel de 1498,47 €.

Un peu d'histoire

Le premier salaire minimum instauré en France est le salaire minimum interprofessionnel garanti, communément appelé le Smig. Il est instauré le 11 février 1950 et entre en application le 23 août de la même année L'objectif était, d'une part de lutter contre la pauvreté et d'aider à la relance de la consommation en s'assurant que chaque foyer disposait de revenus suffisants pour relancer la machine économique d'après guerre.

Le 2 janvier 1970, le Premier ministre de l'époque, Jacques Chaban-Delmas, instaure par décret le Smic en remplacement du Smig. Contrairement à son aîné qui était indexé uniquement sur le niveau d'inflation, le Smic quant à lui est calculé en fonction du pouvoir d'achat et du salaire horaire de base des ouvriers.

Le niveau du Smic en Europe

Mais ne tournons pas autour du pot plus longtemps. D'après les données fournies par Eurostat*, voici la valeur du salaire minimum brut, pour chaque pays de l'Union Européenne :

1. Luxembourg : 1 999 €
2. Royaume-Uni : 1529 €
3. Pays-Bas : 1 508 €
4. Belgique : 1 502 €
5. Irlande : 1 546 €
6. Allemagne : 1 498 €
7. France : 1 498 €
8. Espagne : 826 €
9. Slovénie : 791 €
10. Malte : 728 €
11. Grèce : 684 €
12. Portugal : 650 €
13. Pologne : 453 €
14. Slovaquie : 435 €
15. Estonie : 430 €
16. Croatie : 408 €
17. Lettonie : 370 €
18. République Tchèque : 366 €
19. Hongrie : 353 €
20. Lituanie : 350 €
21. Roumanie : 275 €
22. Bulgarie : 235 €

Hormis le Royaume-uni, qui ne fait plus vraiment partie de l'Europe, cette liste ne comporte que 21 pays sur 27. Les six autres, à savoir l'Autriche, Chypre, le Danemark, la Finlande, l'Italie et la Suède n'ont en effet pas instauré de salaire minimum; d'où leur absence.

*Eurostat est un organisme européen qui fourni de nombreuses statistiques et autres données économiques sur l'ensemble des pays du vieux continent ; c'est un peu comme l'Insee mais à l'échelle de l'Europe.

Des statistiques à prendre avec des pincettes

Comme on peut le constater à la lecture de ces chiffres, il existe de grands écarts entre les pays Européens. Il faut toutefois faire attention avant de les comparer et ne pas tirer de conclusion trop hâtives. Il faut en effet tenir compte du coût de la vie, ce que les économistes nomment sobrement le pouvoir d'achat. On peut par exemple constater que le Smic luxembourgeois est plus élevé que le notre. Plus précisément, il est 1,33 fois supérieur.

Mais si on prend en compte le coût de la vie, on s'aperçoit que le prix d'un pain de 500 g coûte en moyenne 1,82 € au Luxembourg et 1,36 € en France. Le pain dans le duché est donc 1,33 fois plus cher que dans l'hexagone... De ce point de vu, on peut dire que les Smic français et luxembourgeois sont identiques. Pour une comparaison réellement rigoureuse, il faudrait prendre l'ensemble des biens de consommation les plus courants. Cela existe déjà, c'est ce qu'on appelle la parité de pouvoir d'achat (ppa), un indice qui permet de comparer le niveau de vie réel des populations des différents pays.

De nombreuses controverses

Chaque année, la revalorisation du Smic fait l'objet de controverses et de débats houleux (dans l'hémicycle et dans les foyers). Certains proposent de le supprimer purement et simplement, quand d'autres estiment qu'il faudrait modifier son système de revalorisation et que d'autres encore souhaitent que le niveau du salaire minimum soit rehaussé.

  • Ceux qui veulent le supprimer : les tenants de cette vision sont plutôt du côté des employeurs. Ils estiment que le Smic est un frein pour l'économie dans le sens ou d'une part certains patrons auraient les moyens d'embaucher un salarié mais en le payant moins que ce minimum imposé et d'autre part que certaines personnes préféreraient travailler pour moins que le Smic plutôt que d'être au chômage.
  • Ceux qui veulent changer son système de calcul : de nombreuses personnes et experts sont d'avis de changer le système de détermination du Smic ou au moins, revoir la façon dont il est revaloriser. Évidement, certains souhaitent un nouveau système en faveur des employeurs et les autres en faveur des salariés.
  • Ceux qui veulent le rehausser : il s'agit là principalement des syndicats de travailleurs et de la plupart des personnes rémunérées au Smic. En effet instaurer un Smic élevé contribuerai mécaniquement à augmenter tous les autres salaires. Selon eux, cela aurait pour effet d'améliorer la croissance et permettant aux ménages d'avoir plus d'argent pour consommer.