Après la machine à vapeur (charbon), le moteur à explosion (pétrole) et l'électricité nucléaire, bon nombre de scientifiques estiment que l'intelligence artificielle sera la quatrième grande révolution industrielle de l'histoire. De nombreuses personnalités, à l'image de l'ex-patron de Microsoft Bill Gates ou de l'homme d'affaires et inventeur Elon Musk, s'interrogent sur le bien fondé de créer un ordinateur capable de penser. Et pour cause, la quasi totalité des oeuvres de science-fiction (littérature, cinéma, jeux vidéo...) voient dans le développement des IA, la fin de l'humanité.

Des chiffres à prendre avec des pincettes

Aujourd'hui, l'ordinateur intelligent – au sens propre du terme – n'est pas encore né. En revanche, certaines entreprises utilisent déjà des programmes intelligents pour aider les salariés dans leurs tâches quotidiennes. Un futur où règne la guerre entre les machines et l'homme n'est pas encore d'actualité. Toutefois, les progrès technologiques avançant toujours plus rapidement, il est légitime de se demander si un jour les machines ne vont pas nous remplacer dans le monde du travail. Et si cela se produisait, quelles seraient les conséquences dans une société qui estime comme centrale la valeur travail ?

On a donc ici un vrai sujet de débat dans les entreprises, tout du moins auprès des dirigeants des grandes firmes mondiales. Va-t-elle créer des emplois ou en détruire ? Est-ce rentable d'investir dans ce domaine ? Pour le moment, difficile de répondre à ces questions. En tout cas, si l'intelligence artificielle – qui n'existe pas encore – n'a pour le moment pas permis de créer (ou menacer de détruire des emplois), elle a au moins le mérite de donner du boulot aux cabinets de conseils comme Gartner, McKinsey & Compagny et même l'ONU (qui prend ce sujet très au sérieux) pour ne citer qu'eux. En effet, de très nombreuses études ont été publiées sur le sujet, plus contradictoires les unes que les autres : 400 millions de travailleurs à reconvertir dans les trois prochaines années pour certains, 21 millions d'emplois créés pour les autres... Pas évident donc de s'y retrouver.

Qui sera concerné ?

S'il est difficile d'estimer combien d'emplois le développement de l'intelligence artificielle va créer ou détruire, on peut au moins se poser la question de quels métiers ou quelles branches seraient le plus impactés. Le scénario catastrophe selon lequel les IA pourraient supplanter totalement les humains et faire du marché du travail une vieille relique du passé est pour l'instant peu envisageable. Si la quasi totalité des experts travaillant sur le sujet sont d'accords pour affirmer que les IA vont détruire des emplois, ces derniers s'accordent également sur le fait qu'elles vont en créer... mais pas dans les mêmes secteurs d'activité.

Au petit jeu de qui va se faire remplacer par une IA, les salariés les moins exposés sont ceux travaillant dans un milieu imprévisible mais aussi tous les corps de métiers qui touchent directement à l'humain. À cela s'ajoute aussi les professions qui nécessitent des compétences sociales, émotionnelles, cognitives ou créatives, comme un travailleur social ou un artiste. Pour ces différents types d'emplois, une IA pourrait servir "d'assistant" mais elle aura du mal à remplacer le travailleur en chair et en os. En revanche, des professions comme analyste financier, avocat ou encore ingénieur pourrait bien voir leur poste pris par un robot. Il s'agit en effet de métier qui requiert à la fois une forte base de connaissances théoriques et des capacités d'analyse de données, ce qui correspond exactement aux compétences d'une IA.

Le scénario le plus noir à tout de même peu de chance de se produire

Il ne faut toutefois pas confondre intelligence artificielle et automatisation. L'automatisation consiste à développer des machines capables d'effectuer des tâches simples et répétitives. C'est un processus qui existe notamment dans l'industrie et qui évite aux humains d'accomplir un travail fatigant, ennuyeux et à la longue dépourvu d'épanouissement personnel. L'IA, quant à elle, a pour rôle d'assister les travailleurs en facilitant leur travail. Typiquement : un ingénieur qui cherche à développer une nouvelle technologie pourra se concentrer sur le concept même du projet et son assistant IA se chargera de faire les calculs et de trouver les failles inhérentes à son développement.

De plus, l'aspect purement économique du développement des IA, de par sa nature très pragmatique, devrait être un facteur de sauvegarde de l'emploi. En effet, l'utilisation d'une IA par une entreprise représentera un coût énorme, tant du point de vue de l'investissement de départ que de l'entretien. Une intelligence artificielle ne pourra être effective qu'avec un matériel informatique extrêmement puissant. Les spécialistes s'entendent d'ailleurs sur le fait que les ordinateurs actuels n'ont pas la capacité suffisante pour accueillir une IA. Il faudra donc se tourner vers l'informatique quantique. Si ces supers ordinateurs n'existent pas encore, une chose est sûre : ils doivent être maintenus en permanence dans des caissons à très (très très) basse température, aux environ du 0 degrés absolu, soit -273 °C. Ce qui en soit demande une quantité folle d'énergie.