Consommer proche pour consommer mieux ?

Après avoir consommé des légumes hors saison pendant des années, ou des viandes surchargées d'antibiotiques, j'ai envie de savoir ce que je mange, de connaître les producteurs. Le circuit court me met en relation directement avec le producteur ou dans le pire des cas avec un seul intermédiaire dans un rayon de 70km autour de mon lieu de vie. Cantines, restaurants, marchés, AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) et même certains supermarchés utilisent les circuits courts pour apporter des produits locaux de qualité à nous autres consommateurs.

En tant que consommateur favorisant les producteurs locaux, je peux aussi contribuer à réduire mon empreinte carbone, et donc la pollution. Selon une étude du Ministère de l'Agriculture datant de 2013 (projet Codia "Opportunités commerciales & dialogue avec la société", financé par le Compte d'affectation spécial pour le développement agricole et rural - CASDAR), environ 42 % des personnes interrogées déclaraient avoir acheté au moins un produit issu des circuits courts le mois précédent l'enquête. Le panier moyen lors de ce type d'achats atteindrait 25€. Cependant au total, seulement 6 à 7 % des achats alimentaires sont effectués via circuit court.

Les retraités plus fervents "locavores"

Les femmes achèteraient plus en circuit court aussi, 67 % des acheteurs seraient des acheteuses. Et finalement si l'on pouvait croire que ce genre de méthodes séduirait les jeunes, étudiants, jeunes actifs, sensibilisés à l'écologie et aux dangers de la sur-consommation, ce sont en réalité les retraités qui achètent le plus en circuit court. 26 % d'entre eux privilégient cette façon de faire. Même si 55 % des acheteurs ont entre 25 et 54 ans estime l'étude du CASDAR.

Si acheter localement peut-être bénéfique pour l'environnement, attention, il ne faut pas confondre circuit court et agriculture biologique. Environ 10 % des exploitants en secteur court auraient recourt au biologique, si ça peut sembler peu, sachez que c'est quand même 5 fois plus que les agriculteurs traditionnels. Et si je voulais me rassurer, je pourrais me dire qu'ils sont encore plus nombreux à pratiquer une agriculture plus respectueuse de l'environnement et des animaux.

De grosses disparités régionales

Si d'aventure je veux privilégier les circuits courts, il y aura de fortes chances pour que je fasse partie, parmi les locavores, des 37 % des personnes qui vont se fournir sur les marchés pour ce genre de denrées. Et dans 67 % des cas j'irai y acheter des légumes, et 45 % du temps, des fruits.

Cependant si je suis en Bretagne je ne pourrai pas profiter souvent de produits frais locaux, moins de 18 % des producteurs passant par les circuits courts, au contraire de la Corse qui concentre les deux tiers des exploitants de proximité. L'insularité du territoire favorisant les échanges commerciaux locaux, on retrouve d'ailleurs des résultats similaires avec les territoires et départements d'outre-mer. Mais je ne dois pas perdre espoir, puisque l'on constate une réelle augmentation des ventes par circuit court. En Île-de-France par exemple, près de deux tiers des exploitations produisant des légumes ou des fruits vendent en circuits courts.

De petites exploitations, mais plus d'employés

En 2010 selon les derniers chiffres du ministère de l'agriculture, environ 21 % des parts d'exploitation des producteurs sont consacrées au circuit court (contre 19 % en 1979). Si on constate que la part d'exploitation remonte ces dernières années, le nombre d'exploitations consacrées au circuit court a lui chuté de 400 000 en 1979 à 107 000 en 2010.

En Île-de-France, les fermes mixtes ont une moyenne de 76 hectares (ha) de surface agricole utile et 4,4 employés à pleins temps contre 136 ha et 1,2 employés par circuit conventionnel. De manière générale, par rapport à la moyenne des exploitations françaises, celles en circuits courts sont de taille plus petite, emploient plus de main d'oeuvre, et développent davantage d'activités de diversification. En achetant en circuit court, je peux donc aussi contribuer (à mon échelle) au développement de l'économie régionale.