3 670 euros par an pour un jeune majeur à charge

D'après l'Enquête Nationale sur les Ressources des Jeunes (ENRJ) parue en juin 2018, huit parents sur dix consacrent une partie de leur budget à l'aide ponctuelle ou régulière de leur enfant majeur ayant entre 18 et 24 ans. Les parents déclarent ainsi donner en moyenne annuelle 3 670 euros au jeune dont ils ont la charge. Cela correspond à 8% de leurs revenus totaux.

Pour arriver à ces résultats, les statisticiens de l'Insee ont interrogé 5 800 jeunes et 6 300 parents issus de tous les milieux socio-professionnels, entre le 1er octobre et le 31 décembre 2014.

Ce montant fluctue selon le statut et le lieu de résidence de l'enfant. En effet, si le jeune est étudiant et vit seul, l'aide peut atteindre 15% des revenus des parents. Un tiers de cette somme serait versé directement et mensuellement, le reste irait en loyer ou autres abonnements.

A l'inverse, lorsque le jeune vit chez ses parents et travaille, l'aide n'est plus que de 3% des revenus. Logiquement, le montant de l'aide pour le jeune augmente selon le niveau de vie de ses parents. Un enfant issu des 10% des ménages les plus aisés touchera environ 5 fois plus qu'un enfant venant d'un ménage parmi les 10% plus modestes, soit 7 050 euros contre 1 310 euros. Dans le même ordre d'idées, l'aide financière pèse plus sur les foyers modestes (13% des revenus annuels) que sur les autres foyers.

On constate aussi que les parents séparés aident moins leurs jeunes, l'aide est de 30% inférieure pour une mère célibataire, même si cette aide pèse tout autant sur ses revenus. Les parents cadres fournissent eux, une aide environ 1,5 fois plus élevée.

Des jeunes habitant de plus en plus chez leurs parents

De surcroît à l'aide financière, il existe une aide résidentielle. En effet, le nombre de jeunes restant habiter chez leurs parents ne cesse d'augmenter. Selon l'enquête Logement de l'Insee datant de janvier 2018, 46.1% des 18-29 ans habitent chez leurs parents, contre 41.1% en 1973. Ce chiffre monte même à 58% pour les 18-24 ans. Cela s'explique par plusieurs raisons. Tout d'abord, les jeunes se lancent dans des études de plus en plus longues : de nombreux emplois nécessitant des personnes très qualifiées, le nombre d'étudiant a augmenté de 3,1% depuis l'an 2000.

L'augmentation des loyers dans les grandes villes et les conditions pour obtenir un logement sont également en cause, et cela est aussi directement liée à l'obtention du premier emploi stable. Pour les jeunes, 80% des embauches se faisant en CDD, l'accession à un logement et à la tranquillité financière ne sont que rarement garanties avant 25 ans. Ainsi le taux de chômage des 20-29 ans atteint aujourd'hui plus de 16% contre moins de 5% en 1973.

Même après 25 ans, la stabilité est de plus en plus rare. Proportionnellement, le nombre de jeunes occupant un emploi en contrat à durée indéterminée ou en tant que fonctionnaire est de 10 % inférieur au chiffre de 1973.

La situation résidentielle joue énormément

Si l'aide moyenne se situe aux alentours de 3 670 euros, (7 050 euros max et 1 310 euros min), elle fluctue énormément selon si le jeune habite ou pas avec ses parents, et s'il fait ou non des études. Si l'enfant fait des études et est également semi-cohabitant (jeune adulte vivant en partie chez ses parents et en partie dans un autre logement), l'aide moyenne va monter à 8 100 euros. Si le jeune est cohabitant et a un emploi, l'aide sera "seulement" de 1 450 euros.

Les dépenses des parents augmentent également selon le niveau d'études de l'enfant. Ainsi, pour un enfant non-cohabitant en première année de licence, les aides moyennes reçues des parents sont estimées à près de 7 090 euros annuels, contre 4 920 euros pour un jeune non-cohabitant en CAP. Pour un étudiant cohabitant en CAP, l'aide est inférieure à 2 000 euros, et pour un enfant en licence, un peu moins de 3 000 euros.