La grogne des automobilistes ne suffira pas. Le gouvernement refuse, en effet, de faire marche arrière concernant la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateurs de voie. Cette mesure impopulaire prendra effet le 1er juillet 2018, comme l'a assuré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le 7 mars dernier. Il a ajouté que l'exécutif la maintiendrait "au moins jusqu'en 2020".

Cette décision avait déjà été évoquée plus tôt, début janvier, par le Premier ministre Édouard Philippe, qui estime que la limitation de vitesse permettra de "sauver 300 à 400 vies". Ce dispositif a suscité des réactions partagées auprès des automobilistes et des élus locaux. Début mars, 28 présidents de départements, déplorant une application rigide de la mesure, avaient appelé le gouvernement à appliquer la mesure plutôt au "cas par cas", et surtout sur les axes accidentogènes.

Efficacité testée entre 2018 et 2020

Les élus locaux craignent également que la limitation de vitesse risque d'aggraver les problèmes de mobilité, en milieu rural particulièrement. Une pétition pour contrer cette mesure a été signée par plus d'un tiers des présidents des conseils départementaux. Du côté des automobilistes et des motards, la colère monte également. Mais il n'est pas question pour le gouvernement de reculer. La phase test s'étendra jusqu'en 2020, pour juger de l'efficacité du passage de 90 km/h à 80 km/h.

D'après un sondage de Harris Interactive, pour RMC et Atlantico, publié peu après la première annonce d'Édouard Philippe, 59 % des Français interrogés se disent opposés à l'abaissement de la limitation de vitesse sur les routes secondaires. Pour 83 % d'entre eux, le but recherché par le gouvernement serait d'accroître le montant total des contraventions.