À moins que les résultats des élections présidentielles ne conduisent à revenir sur cette décision, à partir du 1er janvier 2018, l'impôt sera calculé sur les revenus de l'année en cours et non plus sur les revenus de l'année précédente. Il sera prélevé directement sur le salaire. C'est ce qu'on appelle le prélèvement à la source.

Cette mesure, promesse de campagne de François Hollande en 2012, a donc pour but de supprimer le décalage d'un an entre la perception des revenus et leur imposition. Pour celles et ceux qui connaissent des changements de situation financière et familiale, l'impôt s'adaptera plus vite. À noter que le prélèvement à la source est déjà mis en oeuvre dans tous les grands pays d'Europe.

Année blanche fiscale = je ne paye pas d'impôt ?

Si je paye en 2018 mes impôts calculés sur mes revenus de 2018, cela signifie, en toute logique, que je ne paierai jamais d'impôts sur mes revenus 2017. Puis-je alors dire qu'il s'agit d'année blanche ? Oui, dans le sens où il n'y aura pas d'année au cours de laquelle l'impôt ne sera pas collecté.

Mais ce n'est pas pour autant que le gouvernement entend fermer les yeux sur cette année fiscale. En réalité, il faut parler d'une année "semi-blanche". En effet, pour éviter que des contribuables n'accumulent les revenus dits "exceptionnels" (par exemple des plus-values sur des actions, des retraits anticipés de plan d'épargne salariale ou des participations d'intéressement), sans avoir à payer d'impôt dessus, seuls les revenus courants, c'est-à-dire les salaires, allocations et pensions de retraite, seront exonérés. À noter que les primes annuelles ne seront pas considérées comme des revenus exceptionnels.

Pas d'optimisation...

En août 2016, le gouvernement avait averti que le projet de loi de finances pour 2017, dans lequel la réforme sera incluse, "prévoira des dispositions particulières de lutte contre l'optimisation, évitant que des contribuables majorent artificiellement leurs revenus de l'année 2017".

Ces dispositions donneront aux inspecteurs du ministère des Finances plus de marge pour enquêter, pendant les quatre années suivantes, sur tous les revenus liés à l'année 2017. Le message est donc clair : les contribuables, qui en profiteraient pour gonfler leurs revenus de 2017, n'auraient pas gain de cause. Je pourrai en tirer toutefois avantage dans le cas où je pars à la retraite. Mon impôt sera calculé dès 2018 sur la base de ma pension de retraite.

Une "année blanche" pour l'État

Ainsi, l'"année blanche" ne change pas grand-chose puisqu'en 2017, je vais devoir payer mes impôts sur les revenus 2016 et l'année suivante, je devrai payer pour l'année en cours. En revanche, pour l'État, il s'agira bien d'une année sans recettes fiscales issues de l'impôt sur le revenu. Mais le manque à gagner pour 2017 n'impactera pas la trésorerie de l'État, qui touchera de l'argent chaque année.