[Mis à jour en juin 2017, suite aux annonces du nouveau gouvernement]

À moins que les résultats des élections présidentielles ne conduisent à revenir sur cette décision, à partir du 1er janvier 2019, l'impôt sera calculé sur les revenus de l'année en cours et non plus sur les revenus de l'année précédente. Il sera prélevé directement sur le salaire. C'est ce qu'on appelle le prélèvement à la source.

Cette mesure, promesse de campagne de François Hollande en 2012, a donc pour but de supprimer le décalage d'un an entre la perception des revenus et leur imposition. Pour celles et ceux qui connaissent des changements de situation financière et familiale, l'impôt s'adaptera plus vite. À noter que le prélèvement à la source est déjà mis en oeuvre dans tous les grands pays d'Europe.

Année blanche fiscale = je ne paye pas d'impôt ?

Si je paye en 2019 mes impôts calculés sur mes revenus de 2019, cela signifie, en toute logique, que je ne paierai jamais d'impôts sur mes revenus 2018. Puis-je alors dire qu'il s'agit d'année blanche ? Oui, dans le sens où il n'y aura pas d'année au cours de laquelle l'impôt ne sera pas collecté.

Mais ce n'est pas pour autant que le gouvernement entend fermer les yeux sur cette année fiscale. En réalité, il faut parler d'une année "semi-blanche". En effet, pour éviter que des contribuables n'accumulent les revenus dits "exceptionnels" (par exemple des plus-values sur des actions, des retraits anticipés de plan d'épargne salariale ou des participations d'intéressement), sans avoir à payer d'impôt dessus, seuls les revenus courants, c'est-à-dire les salaires, allocations et pensions de retraite, seront exonérés. À noter que les primes annuelles ne seront pas considérées comme des revenus exceptionnels.

Une "année blanche" pour l'État

Ainsi, "l'année blanche" ne change pas grand-chose puisqu'en 2018, je vais devoir payer mes impôts sur les revenus 2017 et l'année suivante, je devrai payer pour l'année en cours. En revanche, pour l'État, il s'agira bien d'une année sans recettes fiscales issues de l'impôt sur le revenu. Mais le manque à gagner pour 2018 n'impactera pas la trésorerie de l'État, qui touchera de l'argent chaque année.