Une "taxe pour les femmes" ?

Début novembre 2014, un collectif féministe ("Georgette Sand") a communiqué à la presse les résultats de sa propre enquête, visant à démontrer l'existence d'une "taxe rose" : la différence de prix entre des produits pour femme et des produits pour homme, pourtant similaires – hormis dans leur couleur, apparence et emballage.

Notamment, le collectif a révélé que, dans une grande chaîne de supermarchés, un paquet de 10 rasoirs jetables s'adressant aux hommes coûte 1,72 euros, alors que le prix pour un sachet de 5 rasoirs pour femmes coûte... 1,80 euros. Or, les rasoirs des deux offres sont tout à fait similaires ; seul le paquet est différent (rose pour les filles, bleu pour les garçons).

Des comparatifs éloquents

Sur les réseaux sociaux, le groupe a mis en lumière les différences de prix entre divers produits "marketés" pour hommes, et leurs équivalents "marketés" pour femmes.

Même si elle est parfois subtile, une différence de prix existe bel et bien pour de nombreux produits tout à fait identiques, hormis en ce qui concerne ce détail : la cible à laquelle ils s'adressent.

A noter : le collectif a relevé qu'une différence de prix inverse existe parfois (bien plus rarement) - une "taxe bleue". Par exemple un tricycle, vendu sur le site d'une grande surface, dont la version bleue "pour garçons" coûte 94,40 euros, et celle rose "pour filles" coûte 89,42 euros.

Une enquête ministérielle à venir

Le ministère de l'Economie, début novembre, a annoncé lancer une enquête afin d'évaluer les écarts de prix entre les produits pour hommes et ceux pour femmes en France.

Les enquêtes et recherches sur le sujet sont nouvelles en France. Aux Etats-Unis, par contre, le magazine Forbes avait déjà estimé en 2012 le coût de cette "woman tax" : près de 1 400 dollars par an, soit un peu plus de 1 100 euros.